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 La perte de l'innocence [version longue]

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Cara Mallory
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MessageSujet: La perte de l'innocence [version longue]   Mar 15 Oct - 22:55

Syndrome post traumatique, traumatisme profond, névrosé… J’en passe, c’est des qualificatifs que l’on m’a donné quand j’étais hospitalisée, j’avais le droit au regard plein de compassion des infirmières et triste de mes parents. Je n’ai appris que plus tard que j’avais disparu depuis trois ans. Pour moi il s’était passé bien plus car chaque jours avait été un cauchemar où j’espérais que la mort soit assez clémente pour me libérer. Je ne voulais pas leur dire ça, ils n’auraient rien compris, j’aurai eu le droit à encore plus de compassion. Alors j’ai fait semblant, j’ai joué les amnésiques confirmant encore plus le SPT. A oui, c’est vrai j’ai oublié de me présenter… je m’appelle Cara Mallory, je suis censée avoir 15 ans et quelques mois et depuis maintenant une heure je sais que je suis la seule et unique personne à avoir réchappé de l’enfer, car maintenant je peux le dire. J’ai connu l’enfer.
Mais pour vous expliquez un peu comment je suis arrivée à être attaché à mon lit, avec un soldat à ma porte et surtout complètement brisée, il va falloir remonter dans le temps, remonter il y a trois ans.

10 Avril 1996
Je m’appelle Cara Mallory, j’ai douze ans à ce moment là, enfin plus pour longtemps. Je me souviens avoir été gâté pour mon anniversaire, un nouveau justaucorps, des livres de sciences destinés aux médecins ou aux biologistes, je me demandais ce que j’allais avoir pour les treize ans. Oui c’est vrai je ne suis pas comme toutes les autres filles, ma famille est même particulière.
Mon père est un militaire, je l’appelle plus souvent « mon Général » que papa, mais ça l’amuse. Ma mère est une scientifique, elle travail avec E.T comme elle dit en rigolant, mais j’ai bien compris qu’elle est sur la zone 51. Je ne le dit pas, mais je sais… c’est tout. Mes deux grands frères me taquinent souvent, c’est normal, c’est leur rôle. Bon je les embête même un peu trop surtout quand ils ne sont pas seuls. Ensuite j’ai une partenaire de choc, je suis liée à elle à vie. On pense souvent la même chose, on devine même ce que l’autre va dire. Vous vous diriez : « tiens comme de vrai jumelle », mais c’est le cas. Ma partenaire, mon âme sœur n’est autre que ma sœur jumelle. Nous sommes comme un miroir, seule notre famille arrive à vraiment faire la différence. On s’amuse souvent de cette ressemblance surtout avec l’école, non plutôt le lycée. Oui quand je vous disais qu’on avait des capacités énormes c’était la vérité. Mais revenant au fil de l’histoire.

Aujourd’hui l’année scolaire touché à sa fin dans un peu plus de deux mois. On devait bientôt faire un choix soit se prédestiner plus vers une carrière sportive de gymnaste, soit vers une carrière scientifique. Je savais que j’avais encore un an et je ne me sentais pas encore devoir choisir entre mes deux passions. L’avantage c’était qu’on avait aucune pression de la part de notre famille et donc si on devait regretter le choix qu’on allait faire, il faudrait s’en prendre qu’à sois même.
C’est pour cela qu’en ce jour, où le soleil tapait fort, ma seule préoccupation était de finir ma glace avant qu’elle ne s’écoule sur le sol. Oui, ce n’était pas la préoccupation qui allait sauver la Terre, mais à cette minute près je ne pensais pas à autres choses. On se rendait avec ma sœur au parc où l’on allait réviser nos contrôles.


-C’est un peu tôt pour la saison de manger des glaces, mais c’était une super bonne idée, me lança Salomé.
-Hmmm, j’en avais surtout envie. On s’est entrainé fort hier et après l’effort, le réconfort, non ?


Le réconfort, un mot si banal à ce moment là. A vrai dire je ne savais pas à qu’elle point il était important. C’était un mot banal, important, mais je l’utilisais pratiquement tous le temps. Le bisou de ma maman avant de monter se coucher était du réconfort, avoir mon père au téléphone pendant sa mission aussi. Ce faire féliciter par son coach pour avoir réussi une figure délicate également. Pourtant je ne savais pas que c’était la dernière fois que ce mot pourrait s’appliquer…
On avait presque atteint le parc avec Salomé, quand un crissement de pneu se fit entendre, par réflexe de curiosité je me suis, bien sûr, retournée pour voire son origine, prête à faire une remarque sur les fous du volant. Pourtant cette remarque n’a jamais dépassé la pensée. Je revoie encore cette scène au ralenti, comme un film remis en boucle… et dont je suis l’actrice.
Le crissement de pneu venait d’une voiture, une camionnette noire plus précisément. Souvent on regarde une série policière où une personne se fait enlever de cette manière et à ce moment on se dit, c’est complètement idiot… mais non car cette scène se dérouler maintenant devant elle. Deux hommes sortirent de la portière coulissante et se jeta d’abord sur Salomé, pourquoi personnes autour d’elle ne venait les aider. Je me jetai à mon tour pour sauver ma sœur, cette tentative était désespérée au vu de la carrure de mon adversaire, mais à croire que la peur m’avait donné des ailes. C’est dernière vu vite couper car je senti deux gros bras m’enserrer autour de la taille. La dernière dont me souvenu, ce fut ce mouchoir à cette odeur forte et asphyxiante. Je me souviens avoir donné un ou deux coups de pieds en essayant de crier, mais ensuite se fut le noir complet. Je me souviens avoir sentit le choc de mon corps contre le fond de la camionnette et des fers ajoutés à mes mains. Le voyage resta un flou complet, combien de temps étais-je restée inconsciente ? Malgré cela je ne pouvais m’empêcher d’avoir peur, j’avais entendu le sort réservé aux fillettes de mon âge. Allait-on abuser de moi ? Qu’avait-il fait de Salomé ? Serait-elle tuée dans les 48h ? Plein de questions qui me trotter dans la tête et même quand le produit arrêta de faire effet, je n’ouvris pas les yeux tous de suite. Lâchement je ne voulais pas faire face à mon destin…

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Cara Mallory
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MessageSujet: Re: La perte de l'innocence [version longue]   Lun 4 Nov - 20:32

11 avril 1996

« Un homme sain ne torture pas ses semblables, en général ce sont les victimes qui se changent en bourreaux. » de Carl Gustav Jung.

Mon réveil fut le plus pénible que je n’avais connu. J’avais l’impression de sortir d’une cuite monumentale, si on pouvait parle de cuite à mon âge. Ma seule comparaison était le retour de soirée de Malik, mon frère aîné. Ce dernier avait dormi dans la salle de bain dans son propre vomi. Il avait l’air d’en baver et c’est ce que je ressentais en ce moment. Je me relevais à peine pour vider le contenu mon estomac sur le sol, je ne m’étais jamais senti aussi nauséeuse. Pour autant, les nausées ne passèrent pas, l’odeur du lieu où je me trouvais les accentuait même. Je m’essuyer la bouche avec un bout de ma manche et essaya de distinguer quelque chose de ma prison. Une petite lucarne situé à trois mètres de haut filtré les rayons du soleil en de ce coucher. Elle ne donnait pas vraiment de lumière et si elle n’avait pas été là, ça aurait pareil, mais ça c’était mon avis. J’essayais de bouger, à peine avais je fais un pas que je trébuchais par terre dans un gros fracas. J’avais mal on cheville et j’avais même l’impression qu’elles venaient de s’écorcher. En approchant ma main, je compris pourquoi, de lourdes chaines me maintenaient prisonnière contre le mur. Pour la première fois depuis mon réveil je sentis l’angoisse m’envahir. Dans un espoir pour me rassurer, je commençais à appeler Salomé.

-Salomé !
-Je suis là
, entendis je doucement à l’ opposer de moi.
-Taisez vous, ce n’est pas le moment de nous faire remarquer, s’adressa une voie inconnu sur ma droite.

Elle avait un léger accent slave. J’étais surprise d’entendre d’autres filles, cela me rassurer partiellement de me dire qu’on n’était pas seule dans cette galère ma sœur et moi. Mais je fus quand même attrister de me dire que cela voulais dire d’autre famille en panique par la disparition de leur enfant. En parlant de ça, comment maman arrivait à tenir, elle devait être dévasté…

-Tatiana, répondit encore une autre voix, soit gentille, elles viennent juste d’arriver.
-On est combien exactement ? Osais-je demander.
-Avec vous deux, maintenant on est cinq, me répondit la troisième voie, elle semblait plus mature, donc plus âgé que moi, enfin c’est ce que je présumais.
-Comment vous vous appelez, demanda Salomé.
-Je ne vois pas pourquoi tu veux nous connaitre, on va mourir de toute façon, c’était Tatiana, elle avait l’aire d’être la plus pessimiste du groupe et aussi une grande gueule.
-Vous avez la connaissance de Tatiana, elle est arrivée il y a trois jours. Moi je m’appelle Kennedy, ça doit faire une semaine environ, et l’autre c’est Marie…
-Je suis là depuis deux semaines, j’ai été la première à être enlevé.

C’était celle que je pensais être la plus âgée. Celle qui m’avait fait bonne impression était Kennedy. Elle avait une voix gentille et apaisante j’avoue. Elle me faisait beaucoup pensée à Salomé.

-On sait que l’autre s’appelle Salomé, mais toi ? Me questionna Tatiana. Vous êtes des amies ?
-Je m’appelle Cara, Salomé et moi nous jumelles. Mais quand on est arrivée, vous avez dû nous voire ?

Ca paraissait logique, même si la pièce était plongée dans l’obscurité, le fait de l’ouvrir pour mettre de nouvelles prisonnières devait permettre d’avoir assez de lumière pour se voire. Cela devait pareil pour les repas. En parlant de ça, un énorme gargouillement se fit entendre, j’avais faim… Mais à mon avis, on ne devait pas avoir des repas trois fois par jour. Tatiana expliqua vaguement, qu’ils attendaient quelque chose car sinon elles ne seraient pas enfermées comme ça. Je n’osais même pas pensée à comment on faisait pour aller au petit coin. Non je ne préférais pas y pensée, si je devais me retenir, je le ferais. Je ne comprenais vraiment pas la finalité de ça.

La nuit arriva, j’entendais maintenant clairement la respiration des autres. Elles s’étaient même calmées, signe que le sommeil les avait gagnés. J’avais toujours de temps un gargouillement qui se faisait entendre, comme je l’avais deviné on ne nous avait pas nourris. Je tremblais un peu par le manque de sucre et aussi par le froid qui commençais à s’infiltrer dans notre cachot. Je n’arrivais pas à m’endormir, je me posais trop de questions et la plupart ne faisait qu’augmenter mon angoisse. Je rejoignis mes genoux sous mon menton, j’avais envie de pleurer, je sentais les larmes qui menaçaient de me submerger. J’avais vraiment peur que si je commençais à pleurer, je ne m’arrêterais jamais et ma fierté faisait que je ne voulais donner cette satisfaction à mes geôliers. Mes chevilles me faisaient mal, les faibles mouvements que j’avais fait avait suffit pour me blesser, je ne savais pas à quoi ça pouvait ressembler, mais je me dis qu’en fin de compte valait mieux.

Je n’ai pas fait attention quand je me suis endormie, mais le réveil ça je m’en souvenais. Il faisait toujours nuit, mais dans un grand fracas la porte s’ouvrit. Au début j’ai l’espoir que ça annonçait mes sauveurs, mais se ne fut pas le cas. Je me suis sentie sotte d’avoir espérer ça et en plus en un rien de temps qu’il fallu, j’étais de nouveau maitrisée par deux bras. Je n’ai pas pu voire le visage, mais aux cris des autres je compris qu’on nous attrapé toutes. Allaient-ils nous tuer, nous sacrifier dans un rite satanique, je ne savais pas. La panique m’avait prise par surprise et je me débattais comme je pouvais.


-C’est une vrai sauvageonne celle-là, s’écria un homme d’une voix grave, elle va plaire.

Une sueur froide se mit à couler dans mon dos. Avec le sac sur la tête je ne vis, de nouveau, rien, je ne savais pas dans quel paysage on pouvait être. C’était donc ça la véritable angoisse, ne rien savoir, ne rien connaître, se sentir inférieur en tout point. Pour autant j’ai su qu’on était maintenant à l’extérieur, je pouvais sentir le froid et un léger vent passer sur mes bras. J’avais arrêté de me débattre à ce moment là, trop fatiguée et trop faible car je n’avais rien mangé depuis 24h. J’entendis une portière s’ouvrir, on allait encore nous transporter je ne sais où…

12 avril 1996
Le voyage, pour moi, durant une éternité. Quand la camionnette s’arrêta, je fus surprise de sentir le sac qui me couvrait la tête m’être retiré. La première chose que je vis se fut un grand flou lumineux, il faisait bien jour maintenant. On se trouvait en plein forêt, c’est ce que je pouvais apercevoir pour l’instant. Pour la première fois depuis que j’avais avec Marie, Kennedy et Tatiana je pu enfin voire à quoi elles ressemblaient. Tatiana avait bien le type slave, blonde presque blanche. Kennedy brune avec des yeux vert perçant. Marie une rousse aux yeux bleus presque translucides. Je jetais un coup d’œil à Salomé, des traces de larmes étaient encore visible sur ses joues. On nous fit sortir en nous attrapant des chaînes qu’on nous avait installés dans la camionnette. En descendant j’ai pu remarquer qu’il y avait plusieurs cabanes, certaines plus lugubre que d’autre. Je vis également des femmes en rouge, elle me fit peur, elle ne donnait pas l’impression d’être là pour apaiser une quelconque peine. Plus je regardais plus je sentais la peur m’envahir. Je vis alors un groupe de filles, encadraient elles aussi par des hommes armés. Mais pourquoi tous ça ? C’est alors que l’une d’elle se sépara du groupe, malgré les chaines et les pieds nus elle se mit à courir. En voyant j’ai eu envie voir même la folie de la suivre maintenant, en y pensant j’ai bien fait de ne pas le faire…

-Non ! Cria Salomé.

Je me retourné alors dans la direction du regard de ma jumelle. L’un des hommes qui surveillé se groupe venait d’armer son arme et sans aucune once d’émotion qu’il tira. Quand on raconte que dans certain moment le temps passe beaucoup plus lentement c’est exactement le cas. C’est en restant debout, à regarder comme une idiote que je vis cette fille que je ne connaissais pas se faire tirer dans le dos. Je ne crois pas qu’elle soit morte sur le coup, mais des personnes allèrent la ramasser pour l’attacher à un poteau. Ce dernier faisait parti d’une rangée où il y avait également d’autre fille, du même âge voire plus. Certaines étaient en sang, d’autre déjà morte depuis au moins un jour. Il ne m’en fallu pas plus pour je vomisse le peu de contenu que j’avais dans l’estomac…

Je ne me souviens plus vraiment de la suite, mais je crois que partie de moi commença à abandonner devant ça. Si je voulais survivre, je devrais arrêter de me montrer faible… enfin s’il y avait encore un espoir d’en sortir en vie.

« L'espoir est le pire des maux, car il prolonge la souffrance de l'homme. » de Friedrich Nietzsche.
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MessageSujet: Re: La perte de l'innocence [version longue]   Mer 1 Jan - 15:11

« Et pourtant, même confronté à l'horreur, il y a toujours pire. » de Thomas Hardy.

20 avril 1996
Bientôt une semaine que j’étais dans cette prison, je me repérais toujours au soleil. Je viens de m’apercevoir que Salomé et moi venions juste de rater notre anniversaire, en même temps j’avais autre chose à penser. Oui une semaine que moi, ma sœur et les trois autres ont rejoint ce cachot avec d’autres filles certaines bien plus longtemps là que nous.

Je me souviens être restée tétanisé devant la scène qui s’était déroulée devant moi à mon arriver. Le meurtre de cette fille, même si je ne la connaissais pas, m’avait glacé le sang et avait refroidi pour l’instant tout envie de me rebeller. Je me disais qu’après ça, je ne pourrais rien voire de plus affreux et pourtant j’avais tord. On nous traina de force par nos chaines qui entailla encore plus les plaies qui s’étaient formées. Je me demandai même si à force de tirer ça n’allait pas m’arracher les mains. Tatiana s’était rebellée à avancer et sa marque de rébellion fut arrêter par une claque monumentale de la part d’un des hommes. Je n’avais jamais vu une chose dans ce genre, mes parents n’ayant jamais eu besoin de lever la main sur moi, alors j’étais choquée.

On passa devant des bâtiments en béton où des filles sortaient et entraient. On voyait qu’elles étaient là depuis un moment, je ne voyais plus l’espoir dans leurs yeux ni même la vie. On nous conduisit vers une sorte de porte donnant sur cave, non un cachot, comme je l’ai dit avant. Juste avant d’entrée, j’aperçu au loin des cages en métal, dedans des hommes cette fois ci, à quoi pouvait bien t’il servir. Cette question ne resta pas longtemps dans ma tête car on me fit dévaler les escaliers, j’avais réussi à ne pas tomber que grâce à mon équilibre de gymnastes. Je me souviens bien de cette porte, en bois avec une grosse serrure, des barreaux à chaque orifice… la porte de l’enfer. L’homme n’avait pas besoin de l’ouvrir pour nous montrer l’intérieure, l’odeur du sang, de la pourriture et de la mort émané de dedans. J’entendais déjà ces gémissements.

On nous traina à l’intérieur, Marie c’était mise à pleurer et à supplier. Avec une dextérité à toute épreuve et surtout avec une absence de sentiments totale, une femme en rouge lui asséna un coup pour la calmer. Pour autant que je me souvienne, même si le coup ne sembla pas d’une force extrême, Marie hurla pendant un bon moment comme si elle avait été brûlée au fer rouge. C’est à ce moment là que j’ai remarqué l’arme, un bâton que seules ces femmes en rouges portées. Une arme faisant bien plus mal que d’ordinaire…

Et donc voilà, une semaine que je suis enchainée au mur avec une dizaine de filles voire peut être plus, je ne sais pas. On se voit car on a de la lumière, je ne sais pas si c’est mieux ou au contraire là pour nous affaiblir encore plus psychologiquement. La tenue que j’avais ne résume plus qu’en haillon, une bonne partie est taché de sang, le mieux et de celle qui était à ma place juste avant, de vomi, d’urines et je préfère m’arrêter là. Même des animaux sont mieux traiter que nous et je me demande encore ce qu’ils attendent de nous. Dehors j’entends les autres filles courir, combattre, j’entends aussi des hurlements et j’ai malheureusement trop d’imagination pour ne pas m’en inquiéter. Je me surprends à ne plus sursauter à un coup de feu ou à un coup de fouet, en une semaine ce n’est même plus quotidien c’est, nous je ne crois pas qu’il ait vraiment un autre terme. Enfin je ne le connais peut être pas.

Certaines parle de se révolter, de partir, d’autres ne disent rien mais veulent en finir tous simplement. Je peux les comprendre. Moi au moins j’ai Salomé, ils l’ont installé à côté de moi, un regard suffit pour nous rassurer et nous battre pour rester en vie. Mais à vrai dire je ne sais pas qu’elle est la meilleur technique, la révolte ou tout simplement se résigner.



27 avril 1996
Une semaine de plus, j’ai réussi à compter la dernière fois, on est quinze filles dans ce cachot d’à peine dix mètre carré, l’odeur ne me choque plus, comme les traitements qu’on nous fait subir. C’est impressionnant comme le corps arrive à s’adapter à la restriction. Pourtant trois n’ont pas résisté, il y a cinq jour une a réussi à s’ouvrir les veine au moyen de la chaine, personne de l’extérieur n’est venu sur le coup. On a baigné dans son sang jusqu’à ce qui retire le corps. La deuxième c’est sous le bâton d’une des femmes en rouge, elle se révoltait un peu trop. On a de la chance cette fois ci car ils ont pris le corps encore chaud. La troisième, elle est encore devant moi. Je n’arrive pas à détacher mon regard de ses yeux. J’entends encore sangloter des filles devant la scène. Cette fille, comme les deux autres, je ne la connaissais pas et heureusement, ça me fait moins mal comme ça. Je sais juste que par le plus grand des hasards, ces menottes ont été mal refermées et la porte idem. On est trop fatigué maintenant pour pouvoir flairer un quelconque pièges, moi je ne serais pas partie, pas sans Salomé. Pourtant je me souviens avoir espéré qu’elle réussisse, car pendant une presque une journée je ne la revu point. Le soir même, alors que l’on savait qu’on allait encore sauter un repas, des bruits et des cries se firent entendre. Je me disais que de nouvelles filles allaient arriver pour remplacer celles déjà mortes. Mais ce ne fut pas le cas, cette fille qui avait réussi à se libérer était trainée par les cheveux, elle était couverte de sang et d’une autre substance que mon innocence refusait d’identifier. Elle avait l’aire complètement brisé, elle suppliait qu’on l’achève qu’on la libère. Moi j’étais adossée au mur et je ne bougeai point. Etait ce de la lâcheté ou tout simplement un instinct de survie. Un homme entra et avec une fois bizarre il s’exclama.

-Cette fille à essayer de s’échapper. Vous êtes là pour la vie et vous êtes à nous, vous êtes nos esclaves.

Il se plaça juste derrière la fille, lui releva la tête. Ce regard, je ne pourrai pas l’oublier. Un regard où tu sais que la personne a abandonné, mais qu’aussi que dans la mort elle a enfin la liberté tant espéré. D’un geste rapide et maîtrisé, l’homme cassa la nuque de la fille, au moins sa mort fut rapide, pas comme celles accrochées au poteau juste dehors. L’homme, toujours avec sa voix bizarre, se tourna vers les deux femmes.

-Laissez le corps ici, que ça leur servent de leçon.

Et donc depuis, je vois le corps de cette fille. Avait-elle une famille, des frères, des sœurs, une maman et un papa. Au moins sa famille retrouverai peut être le corps, c’est vrai que je n’ai pas réfléchit à ce que devenait les corps après ça. Je ne veux même pas le savoir. Je regarde donc le corps, elle a l’aire sereine dans la mort, je l’envie même. Je n’ose imaginer ce qu’elle a subit.

Alors que je n’arrive pas à dormir sans la voir dans mes cauchemars je me demande comment l’homme peut être aussi cruel. Puis je me dis qu’ils font sans doute ça pour nous détruire la moindre lueur d’espoir de s’en sortir indemne. Je m’aperçois du vrai visage de l’homme…

« Les monstres sont réels, les fantômes le sont aussi. Ils vivent à l'intérieur de nous et parfois ils gagnent. » de Stephen King.

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